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vendredi 14 octobre 2011

L'épopée des autos canons belges en Russie

10-14 auto canon belge
Il n'existait pas en 1914 de doctrine stratégique sur l'emploi des blindés et encore moins des autos mitrailleuses. Et pourtant en Belgique un major jugé quelque peu excentrique, le major Collon, parvint à mettre sur pied un groupe de dix autos blindées, composé de six autos canons (Hotchkiss de 37mm) et de quatre autos mitrailleuses avec leur train de voitures auxiliaires et leur escorte cycliste et motocycliste.
10-14 Auto-Canon-DessinSa théorie était de disposer d'un corps blindé autonome qui pouvait opérer par percées profondes avec ses propres moyens de reconnaissance et de soutient.
Les véhicules furent construits à Paris, au pont de Saint Cloud, sur châssis Morse et avec des moteurs Minnerva de 40 chv. Ils pesaient quatre tonnes avec munitions et équipage.
En avril 1915 les véhicules étaient prêts à participer à l'offensive de printemps, mais cette offensive n'eut pas lieu, la guerre de position continuait et le groupe resta inemployé. Jusqu'à la visite d'officiers Russes qui s'intéressèrent à cette formation et sollicitèrent son envoi en Russie pour aider les troupes tsaristes qui étaient aux prises avec les Autrichiens. Leur demande fut acceptée.
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Le 21 septembre 1915 les véhicules et leurs servants, soit 300 hommes s'embarquèrent à Brest à bord d'un cargo Anglais, le Wray Castle, à destination de Arkangel au NE de Saint Petersbourg, sur les bords de la mer Blanche. Au terme d'une navigation difficile ils y arrivèrent le 11 octobre.
Après avoir été présenté au Tsar et passé en revue à Saint Petersbourg le groupe reçut un ordre de marche dans les premiers jours de 1916 pour rejoindre la XI armée. Les armées tsaristes avaient dans un premier temps pénétré assez profondément en Autriche, puis reculé et ne conservaient qu'une bande d'une cinquantaine de Km depuis le pied des Carpates jusqu'à Brody. La ville de Tarnopol était au main des russes et c'est à proximité de celle ci, à Zbaraz, que le groupe prit ses quartiers.10-14 autos canons_14
Il participa glorieusement à plusieurs attaques à partir du printemps. En effet le général russe Broussilov lança dès que les conditions climatiques le permirent une offensive très dure qui de Czernowitz à Loutkk bouscula les positions Austro-Allemandes.
A Zborov, parmi d'autres faits d'armes, le groupe contribua à stopper une dangereuse contre attaque de l'infanterie Autrichienne.
Le 17 mars 1917 le groupe reçut la nouvelle de l'abdication du tsar. Des « soviet » de soldat se constituèrent dans les régiments. L'autorité leur était déférée en dualité avec les officiers. Les Autrichiens et les Allemands se gardaient d'attaquer cette armée où la démoralisation et l'indiscipline faisaient œuvre de destruction. Sur toute la longueur du front les armées russes s'effilochaient. Par place les combattants décidaient d'arrêter ou de continuer...
Le général Kerenski remotiva les troupes. Il pense que la nouvelle république rouge doit pour obtenir une paix satisfaisante finir la guerre par une victoire commune avec les alliés. Il parvient à déclencher une offensive en début juillet 1917, mais après des sucés limités l'armée russe se désagrège et entame une retraite dès le 25 juillet.
Le groupe belge se dirigea vers Kosova, mais la route était coupée par l'infanterie Allemande ; il se dirigeât alors vers Mikulinste. Il reçut le 7 novembre l'ordre de regagner la France et de respecter une stricte neutralité, car des pourparlers de paix séparée entre Russes et Allemands allaient s'ouvrir à Brest-Litovsk.
Le retour s'avérait difficile, car la route vers le port de Mourmansk était susceptible d'être coupée. Le groupe se dirigeât vers Kiev où il échoua en pleine guerre civile...Il resta consigné dans un monastère, puis la ville passa aux mains des soviets en janvier 1918.
Le commandant en chef des troupes rouges avait fait ses études en Belgique, il accorda donc assez facilement l'autorisation au groupe de quitter la ville à bord d'un train, mais il lui refusa de partir avec ses armes et ses véhicules. Le groupe préféra alors détruire les véhicules et cacher son armement...
10-14 locomotive 001 800xLe 20 février 1918 le train s'ébranle au départ de Kiev à destination de Moscou. Il mit 7 jours pour parcourir 1350Km ! Une semaine se passa dans une gare déserte. Des avis divergents se manifestèrent entre ceux qui voulaient rentrer dans leurs foyers par l'ouest et ceux qui par prudence préféraient passer par la Sibérie. Mais la nouvelle arrive : la ligne vers Mourmansk est coupée, il faut passer par la Sibérie, puis la Mandchourie.
A Omsk le soviet local refuse que le train aille plus loin si les Belges ne livrent pas leurs armes. Après de longues palabres chaque soldat signe un engagement de ne pas utiliser ses armes contre l'armée rouge. Mais ce qui est valable à Omsk est remis en cause à l'étape suivante.
10-14 gare Kranosiarsk 09 800x1Le 15 mars 1918 le groupe travers l'Inissei à Krasnoiarsk (ci-contre photo de la gare). Ils subissent chaque fois une perquisition mais les deux lourdes mitrailleuses cachées sous des effets d'habillement ne sont pas découvertes...
Le 25 mars le train est à Daouaria et deux officiers partent avec la locomotive vers la Mandchourie dans l'espoir qu'un train chinois vienne les chercher. Effectivement deux jours plus tard, un train arrive dans lequel ils s'installent et franchissent ainsi les lignes qui séparent la Russie Blanche de la Russie Rouge. Ils stationnent quelques temps à Kharbine puis sont transportés à Vladivostok où un navire américain les attend. Ils y arrivent le 23 avril 1918 après 62 jours et dix mille Km de voie ferrée.
Le 12 mai leur navire « le Sheridan » mouille dans la baie de san Francisco. Le groupe Belge défile dans Market Street à San Francisco sous les acclamations d'une foule enthousiaste. Toutefois ils n'ont plus de fanfare, qu'importe les soldats américains ont mis à leur disposition un « band » de quarante musiciens habillés d'un uniforme belge !! Ils seront fêtés et choyés par leurs hôtes américains durant un mois.
Le 15 juin 1918 le groupe s'embarque à destination de Bordeaux. Ce qui reste de ce corps sera dissous dès son arrivée en France. Les hommes seront réaffectés à de nouvelles unités où ils connaitront la victoire du 11 novembre 1918.
Aujourd'hui des tenants de la tradition continuent à maintenir le souvenir de ce groupe glorieux et envisagent la reconstruction d'une auto-canon à l'identique du modèle original. http://www.auto-canon-2014.com
10-14 012 800X RT Aj auto canon russe samaraC'est grâce à eux que j'ai pu identifier le véhicule photographié au musée de Samara comme étant l'auto blindée FIAT 60 hp construite en quantité par les Russes.
Le modèle exposé possède des roues d'après 14-18. Ce type d'AB a en effet été utilisé par les Belges des ACM, grâce à un don du Tsar.

Source: Marcel Thiry; Le tour du monde en guerre des autos-canons Belges. Ed Mirroir.
planches dessinées : le journal de Spirou N°1149 du 21 avril 1960, éditions Dupuis
(une carte permettant de localiser les villes citées complètera ultérieurement ce billet)

10-14 021 800X carte avant 14
Europe avant 1914
10-14 022 800X carte apres 18
Europe après 1918
























mercredi 22 juin 2011

Рецепт «Борщ» recette du Bortch

bortch x1024 004Ingrédients

300G boeuf (ou poulet, mouton, porc, ou poisson)

3 litres d'eau

3 betteraves crues

300G de choux blanc

1 carotte

2 bottes d'échalotes ou d'oignons blancs

3 cuillères à soupe d'huile

1 cuillère à soupe de farine

1 cuillère à soupe de sucre

1 cuillère à soupe de vinaigre blanc

sel

2 feuilles de laurier

poivre

persil (facultatif)

fenouil frais

crème aigre (ou fermentée) 

Préparation

Préparer le bouillon en faisant cuire le bœuf (ou autre) dans une grande casserole pendant environ 40 minutes.

Couper le morceau de choux blanc en fines lanières ,

Émincer les échalotes ou les oignons

Râper la carotte

Râper les betteraves

Retirer la viande du bouillon.

Mettre le choux à cuire 10 minutes dans le bouillon.

Dans une poêle, faire revenir dans l'huile tout doucement :

- d'abord les échalotes ou les oignons,

- puis, tout en remuant, rajouter la carotte râpée,

- puis rajouter les betteraves râpées,

remuer avec une fourchette pendant environ 5 minutes.

Découper la viande en en petits morceaux, enlever les os.

Verser le contenu de la poêle et la viande dans le bouillon.

Cuire encore 15 mn. Ajouter vinaigre, sucre, sel, laurier, (persil).

Au moment de servir saupoudrer de fenouil haché ainsi qu’un peu de verdure des échalottes.

Rajouter à l'assiette une cuillère de crème aigre.

Приятного апетита ! Agréable appétit !

dimanche 5 juin 2011

L'anneau d'or

Anneau_d'or[1]Cette région regroupe les villes les plus anciennes du pays qui ont marqué son histoire de façon exceptionnelle.

Rappelons sommairement que le premier état Russe était issu du commerce et qu'il se développa le long des axes fluviaux Baltique – mer noire et Baltique – Volga. Au VI siècle des Vikings commerçaient jusqu'aux portes de Byzance. Pour sécuriser leurs routes commerciales ils installèrent des cités -états à Ladoga , Noivgorod, Smolensk, Kiev. La fondation de Novgorod en 862 est traditionnellement considérée comme le lieu de naissance de l'État Russe.

Au IX siècle se mirent en place plusieurs communautés Les Slaves installés dans les zones vallonnées ou la volga prend sa source commencèrent à absorber les finno-ougriens qui vivaient deja dans la région. Le grand prince Kiévien Valadimir I se méfiant de son grand voisin l'état Turco Bulgare e la moyenne Volga le défit militairement. Mais a sa mort en 1015 ses fils s'affrontèrent et se partagèrent son royaume . Les vainqueurs de cette lutte fratricide furent les descendants du fils de Iaroslav Vselovod qui avait hérité de la principauté de Rostov Souzdal.. Les villes de l'anneau d'or se développèrent.

Au XII siècle le prince Vladimir de Souzdal fonda la ville fortifiée de Vladimir . Et ses successeurs s'employèrent a donner la même splendeur à cette ville que à celle de Kiev. Les ambitions culturelles des dirigeants conduisirent à faire de l'anneau d'or le centre de l'orthodoxie Russe.

Au XIII siècle les envahisseurs Mongols saccagèrent le royaume de Vladimir qui se désintégra en petites principautés. La principauté de Moscou officiellement chargée par « la horde d'or » de percevoir les tributs affirmera peu à peu sa prédominance.

Cette introduction était utile pour que le lecteur appréhende le sens de l'itinéraire.

dimanche 8 mai 2011

Les SCYTHES

Depuis plus d'un quart de siècle la mise en perspective de trouvailles faites au nord de la mer noire, dans les steppes du Dniepr, en Sibérie, dans le Caucase, en Asie central a mis en évidence l'existence d'un art scytho-sibérien.

Les archéologues ont ainsi établis l'existence d'une civilisation des nomades antiques s'étendant des marches de la civilisation grecque au cœur du continent asiatique à l'aube du Ier millénaire avant notre ère. Cette civilisation aurait duré environ 800 ou mille ans.

Cette société diversifiée et pluri-ethnique disposait d'une cavalerie parfaitement capable d'effectuer des raids dans les états de l'Asie antérieure. Eux-mêmes s’appelaient Skudat, c’est à dire « archers ».Leur avancée vers l'ouest est jalonnée par par des « pierres à cerf » de divers types depuis la Mongolie jusqu'à la mer noire.

Le caractère complexe et progressif de ces migrations durant lesquelles certains traits culturels originels se perdent tandis que d'autres s'acquièrent ne fait aucun doute. La compréhension des phénomènes ethniques et culturels complexes qui se sont produits au sein d'un milieu particulièrement évolutif n'est pas encore acquise.

En effet pour la plupart des spécialistes, la culture des Scythes est issue de celle d'Andronovo. La culture d'Andronovo, du nom d'une nécropole située sur l'Inissei s'est développe au II millénaire AVJC, au Kazakhstan et en Sibérie méridionale, allant de l'Oural à l'ouest, au lac Baïkal à l'est, et jusqu'au Syr-Daria au sud. Elle disposait du char de guerre à deux roues, tiré par deux chevaux.

Les tombeaux des Scythes sont des tumulus (appelés kourganes par les Russes) qui peuvent atteindre une taille monumentale. Les tumulus de la culture d'Andronovo vont de six à vingt mètres de diamètre. Les différences de taille reflètent des différences de statut social : les plus grands tumulus sont ceux des rois. De grands kourganes, de 100 à 200 mètres de diamètre et d'une hauteur atteignant les 17 mètres, parsèment également l'Altaï. Les plafonds de leurs chambres funéraires s'étant effondrés, elles se sont remplies d'une eau qui a ensuite gelée, permettant une excellente préservation de leur contenu. On y a trouvé des objets en cuir et en bois, des tentures de feutre, des tapis et des coussins rembourrés de poils d'animaux ou d'herbe, qui contribuaient au confort des nomades.

Au XVIIe siècle un linguiste pressent l'existence d'une ancienne langue commune aux langues grecque, latine, perse, germaniques, slaves, celtes et baltes, qu'il baptise du nom de « scythique ». En 1813, apparait le terme de « langues indo-européennes » pour regrouper ces langues.

Les langues indo-européennes forment une famille de langues ayant une origine commune. Elles regroupent environ un millier de langues, parlées actuellement par trois milliards d’individus.

Pour en savoir plus:

Memo: http://www.memo.fr/

http://miltiade.pagesperso-orange.fr/scythes.htm

http://www.cliolamuse.com/spip.php?rubrique28

mardi 19 avril 2011

ALTAÏ

L'Altaï est le massif montagneux le plus important de l'Eurasie. Son nom signifie « doré » en mongol. Certains sommets culminent à 4500 mètres. Ce massif est longé au Sud par les Tian Shan et la dépression aride de Dzougarie, à l'Ouest par le fleuve Ili qui se jette dans le lac Balkhash, et au Nord par les monts Sain en Sibérie et Mongolie.
Altai Tian-Shan P1050700Les Tian Shan
Ce sont des lieux pleins de force sacrée et de mystère. Et ces montagnes ne constituèrent pas un obstacle pour les civilisations qui au contraire s’y établirent..
Les archéologues prouvent que les premiers peuplement connus eurent lieu au paléolithique (50 000 ans AV JC) mais c'est au cours du second millénaire, à l'âge du bronze (2500 AV JC) que se répandit le  phénomène culturel dit des « tombes à rondins » des steppes européennes dont certaines parfaitement conservées par le froid sont parvenues jusqu'à nous.
La fin de l'âge du bronze marquera un tournant culturel caractérisé par l'essor du nomadisme pastoral, et par un graphisme particulier : le style animalier scytho-sibérien également appelé « art des steppes ».
Le monde des cavaliers de la steppe est couramment appelé SAKA, terme emprunté aux sources perses achéménides. Ils furent en rapport aussi bien avec les empires perse et chinois. Les successeurs les plus connus des Saka furent les Huns, les Xiongnu, puis les Turks dont la légende rapporte qu'ils furent issus de l'Altaï avant de se répandre de la Chine au Bosphore.
Ces cultures ont pour point commun la capacité à vivre en nombre dans un milieu sans exploitation agricole. Elles surent se développer en exploitant les grasses pâtures et les giboyeux terrains de chasse. De plus l'exploitation des métaux et notamment l'or donnera lieu à des créations caractéristiques .
L'archéologie funéraire d’une part, l'étude de l'art rupestre d’autre part nous apportent de riches témoignages sur ces anciennes civilisations.
Des tombes gelées furent découvertes avec des corps momifiés , des chevaux sacrifiés conservés par les glaces du pergélisol et du mobilier funéraire, des tissus, des bijoux. Ces découvertes permettent une caractérisation génétique des populations et surtout leur mise en perspective avec celles réalisées sur un territoire plus vaste. On en conclue que des communications ininterrompues ont existé selon un axe Nord Sud entre l'Asie centrale et les régions méridionales depuis le  chalcolithique (2500 AV JC) jusqu’aux environs du début de notre ère.
Les archéologues sont parvenus à un classement des pétroglyphes selon les époques.
Chalcolithique:
On observe des pétroglyphes de grande taille représentant des animaux (cervidés, caprinés, ursidés) mais sans structure narrative.
On observe également des « stèles » qui portent des sortes de visage ou de mascoïde. Selon un premier type d'interprétation ces pétroglyphes appartiennent à une culture indo-européenne et toute tête rayonnante peut être identifiée à Mitra la divinité solaire des indo-iraniens. Selon un second type d'interprétation, vue cette fois comme emplumées ou cornues sont celles de divinités ou de chamanes portant les coiffures de leur rang.
Age du bronze (II millénaire).
On relève parmi une grande variété d'images de nombreuses figures de chars parfois seuls , parfois accompagné d'autres figures. Seraient-ce les Indo Aryens en route vers l'Inde? On observe également des compositions narratives avec bœufs bâtés accompagnant des personnages, mais également des chasses à l'auroch, à pied, avec arcs et chiens.
Age du fer (X siècles AV JC)
C'est l'époque des kourganes géant dans lesquels on inhumait avec leur richesse et leurs chevaux les grands chefs Saka. On trouve à proximité les stèles dites « pierres à cerf ». Elles portent sculptées des images d'armes mais aussi d'animaux dans un style animalier scytho-sibérien. Le cerf subit toutes sortes de transformations stylistiques, cerfs volants, cerfs dressés sur les pattes. Le sanglier est également un motif favori de cet art comme le cheval cornu.
Cet art des pétroglyphes Saka qui se répandit jusque dans l'Himalaya est celui des grands pasteurs nomades et néanmoins remarquables métallurgistes.
Altai Lac Issykool P1050720
Altaï – Lac Issykool